Une réfléxion m'est venue à l'esprit samedi midi ; en regardant le tapis automobile du départ en vacances , tous bloqués comme des moutons sur l'autoroute du soleil ,au journal télévisé
...
Ou est-il le temps des copains ?? les années 50-60 ??les vacances sur la nationale 6 ou 7 ??
Juillet 1965 :Vendredi soir, le père, Léon, ouvrier à l'usine Schneider, chargeait le scooter , révisé chez le mécano la semaine d'avant , tous les pleins effectués.
Le Lambretta ,il ne l'utilisait pas pour aller au boulot ! pas la peine de lui faire avaler des kilomètres inutiles. Il y avait le bus ouvrier gratuit, et le vélo du grand-père,
un Terrot à freins à tambours , qui allait très bien les matins où il était coulé !
Mais le lambretta,un modèle 57 acheté neuf à crédit ,accessoirisé au fur et à mesure , il y avait tout de même une photo collée dans le placard du vestiaire de l'usine, juste pour
emm...er le Charleux, le chef d'équipe ! Lui , il avait peut-être une 4 chevaux noire , mais ses seules sorties , c'était le dimanche pour aller chez la belle -mère à 20
kilomètres de là ! tu parles ....
La Monique, la mère, s'occupait de la maison, ainsi que de toute la marmaille ! faut dire que depuis mars dernier, ils étaient maintenant 5 ! C'était un pique- nique sous les arbres, à
l'ombre , pendant que les gamins jouaient vers la rivière . Le blanc avait un peu rosi les joues de la Monique, et revigoré le Léon, même si il avait encore les miches en compote après les 180
kilomètres avalés en deux coups . La robe vichy de la mère avait fini de l'énerver , tel un taureau devant la muleta ! Et du coup, en mars, le Jules avait pointé son nez ( façon de parler
!). le Léon avait insisté pour le baptiser Jules , parce qu'il n'avait jamais été sûr d'en être à l'origine ??... Il y avait eu le soir du bal du 14 juillet ....Occupé à la buvette
avec les voisins du camping , le Léon avait cherché un bon moment la Monique vers 1 heure et demi du mat' , qui avait réapparu comme une fleur, le sourire aux lèvres , accompagné d'un pompier,
qui l'avait aidée à retrouver ses lunettes , qu'elle avait perdues vers la marchande de glace à la plage .... Le léon , avait avalé ça ( comme le rosé du soir ) sans convictions .
Il y avait aussi la Jacqueline, la grande ,7 ans, une grande saucisse qui rêvait d'être coiffeuse , le Marcel, 5 ans, qui lui, voulait conduire le bus ouvrier , et le Jules,
cas évoqué plus haut ! N'empeche que le Jules ,dont personne ne voulait vraiment, avait non seulement plombé l'ambiance des vacances 63 , annulé les vacances 64 , parce que la prime avait
servi à acheter la Choillot pour le trainer mais tenait une gastro carabinée depuis le jeudi , ce qui laissait présager que du bonheur pour la route ...
Le chargement : Les valoches ( ah si ta mère n'emmenait pas tant de fringues .. ) , le bidon d'huile spéciale deux-temps,la trousse à outils, les cannes bambou, la filoche, le
parasol ,le ballon de plage de la grande, le sac de billes du Marcel, la valise-pique-nique, la tente, les matelas Sevilor ,deux rosettes, un clacos, deux kil de mazenay au frais
dans la sacoche, du "chpitt " pour les gamins ... et la Choillot ! Le Léon se demandait si cet attelage monterait le Mont-St-Vincent ...
Allez hop ! Au lit de bonne heure, parce que demain on décanillait à 5 heures, à la fraiche , pour espérer étre à midi dans le bas de Echarmeaux , pour la croute , le long de l'Azergues ...